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Expatriation · Visa nomade

Le visa nomade numérique (D8) au Portugal

Le visa nomade numérique du Portugal, officiellement le visa D8, permet aux télétravailleurs non européens de s'installer au pays tout en travaillant pour des employeurs ou clients à l'étranger. Conditions, revenu et démarches : voici l'essentiel.

Qu'est-ce que le visa nomade numérique (D8) ?

Le visa nomade numérique du Portugal (visa D8) a été créé fin 2022 pour répondre à l'afflux de travailleurs à distance. Il s'adresse aux personnes non européennes qui exercent une activité pour un employeur ou des clients situés hors du Portugal : salariés en télétravail, freelances, indépendants du numérique. Il leur permet de vivre légalement au Portugal tout en conservant leur emploi ou leur clientèle à l'étranger.

C'est la réponse officielle du pays à la vague de nomades numériques attirés par Lisbonne, son climat, son cadre de vie et son écosystème tech. Attention à ne pas le confondre avec le D7 : le D8 vise un revenu d'activité, pas des revenus passifs. Et, comme tous les visas, il ne concerne que les non-Européens.

Européens : pas besoin de visa

Si vous êtes français ou d'un autre pays de l'Union européenne, vous n'avez pas besoin du visa nomade : vous pouvez vous installer à Lisbonne et télétravailler librement. Après trois mois, vous régularisez simplement votre présence avec le certificado de registo. Le D8 s'adresse uniquement aux non-Européens (Canada, États-Unis, Royaume-Uni, Brésil, Maghreb, etc.).

Les deux formes du D8

Particularité du visa nomade portugais : il existe en deux versions, à choisir selon la durée de votre projet.

Le visa de court séjour

Un visto de estada temporária valable jusqu'à un an, renouvelable, sans titre de séjour. Idéal pour tester la vie à Lisbonne ou pour un projet limité dans le temps.

Le visa de résidence

Un visto de residência qui débouche sur un titre de séjour renouvelable, et à terme sur la résidence permanente ou la nationalité. Pour une installation durable.

Les conditions et le revenu minimum

Le cœur du dossier, c'est la preuve d'une activité à distance et d'un revenu suffisant. Vous devrez justifier d'un contrat de travail ou de contrats de prestation avec des entités hors du Portugal, et d'un revenu mensuel élevé : de l'ordre de quatre fois le salaire minimum portugais, soit environ 3 500 € par mois en 2025, prouvé sur les derniers mois. Les autorités demandent en général une épargne disponible en complément. S'ajoutent les pièces classiques : logement, casier judiciaire, assurance santé, NIF et compte bancaire.

Ces montants sont indicatifs, datés (2025) et non contractuels : le seuil suit le salaire minimum, revalorisé chaque année, et les exigences varient selon le consulat. Vérifiez toujours les critères à jour avant de déposer votre demande.

Les démarches

La procédure ressemble à celle du D7. On dépose d'abord son dossier au consulat du Portugal de son pays de résidence (avec justificatifs de travail à distance, de revenus, de logement, casier, assurance et compte bancaire portugais). Une fois le visa obtenu, on entre au Portugal, puis, pour la forme résidence, on prend rendez-vous à l'AIMA (l'agence qui a remplacé le SEF) pour retirer son titre de séjour. Les délais peuvent être longs et les pièces évoluent : beaucoup de candidats se font accompagner par un professionnel de l'immigration pour fiabiliser le dossier.

Visa nomade (D8) ou visa D7 ?

C'est LA question à trancher avant de se lancer. Tout dépend de la nature de vos revenus. Vous continuez à travailler (salaire, missions) pour des employeurs ou clients hors Portugal ? C'est le D8, avec un seuil de revenu élevé. Vous vivez de revenus passifs (pension de retraite, loyers, dividendes), sans activité ? C'est le visa D7, au seuil bien plus accessible. Choisir le bon visa dès le départ évite un refus et de longs allers-retours.

Fiscalité du nomade au Portugal

Vivre plus de 183 jours par an au Portugal fait de vous un résident fiscal : vos revenus d'activité y deviennent en principe imposables. Le régime a changé, avec la fermeture du RNH historique et l'arrivée de l'IFICI, ciblé sur certaines professions qualifiées et l'innovation, qui peut concerner des profils tech. La convention fiscale de votre pays évite par ailleurs la double imposition. Un point anticiper, surtout en tant qu'indépendant : voir notre fiche fiscalité (IFICI).

Le visa nomade numérique du Portugal : questions fréquentes

Le Portugal a-t-il un visa nomade numérique ?

Oui, le visa D8, lancé fin 2022, est destiné aux travailleurs à distance non européens employés ou mandatés par des entreprises et clients situés hors du Portugal. Il existe sous deux formes : un visa de court séjour et un visa de résidence.

Un Français a-t-il besoin du visa nomade portugais ?

Non. En tant que citoyen de l'Union européenne, un Français peut télétravailler depuis Lisbonne sans visa : il s'enregistre après trois mois via le certificado de registo. Le D8 ne concerne que les non-Européens.

Quel revenu faut-il pour le visa nomade portugais ?

Un revenu mensuel équivalent à plusieurs fois le salaire minimum portugais (de l'ordre de 4 fois, soit environ 3 500 € par mois en 2025), à prouver sur les derniers mois, plus souvent une épargne. Montant indicatif et non contractuel, fixé par les autorités et revalorisé : vérifiez auprès du consulat.

Quelle différence entre le D8 et le D7 ?

Le D8 vise le travail à distance actif (salaire ou missions pour des employeurs et clients hors Portugal). Le D7 vise les revenus passifs (pension, loyers, dividendes), avec un seuil de revenu bien plus bas.

Bien choisir votre voie

Avant de déposer votre demande, comparez le D8 et le D7, et anticipez votre fiscalité de futur résident : deux réflexes qui font gagner un temps précieux.